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Une Passion qui s'apprend........

02 Dec

Les Émotions Du Cheval

Publié par Jevsovar Sonia Jessica

A notre instar, le cheval a bien des émotions qui se définissent comme un ensemble de réponses ou de réactions face à des évènements déclencheurs tels que la douleur, la récompense, l'isolement social, l'effort physique, l'odeur, la présence d'un prédateur.
Ces émotions de base sont : la peur, la colère, la joie, la tristesse, le dégoût... mais aussi : la jalousie, l'agressivité, l'excitation...
Ces réponses ou réactions émotionnelles se manifestent le plus souvent par des mouvements facilement observables : fuite, évitement, attaque, jeu, expression faciale (découvrement des dents, tension de la bouche...), stéréotypies... 

La fuite reflète plutôt la peur, l'attaque la colère et l'abattement la tristesse...
Dans ces exemples, l'émotion s'exprime donc par une manifestation comportementale de fuite, d'agressivité et d'abattement En réalité, il y a une grande richesse de com-portements émotionnels entre les chevaux, richesse importante à découvrir. Ces réponses émotionnelles du cheval, visibles par l'extérieur, s'accompagnent aussi de changements internes, physiologiques, moins visibles de l'état corporel du cheval : modifications endocriniennes {sécrétion d'hormones telle que l'adrénaline...}, réactions viscérales {trouble du transit accélération de la fréquence cardiaque. transpiration...). tremblements. modifications pupillairesetc Ces changements physiologiques accompagnent les expéri-ences émotionnelles aussi bien positives que négatives.

Dans ces expressions d'une part comportementales visibles et d'autre part physiologiques des émotions, il y a d'importantes différences individuelles liées soit à des conditions contextuelles (mode de vie, type de discipline}, soit à des conditions physiologiques (âge, sexe, état hormonal...). soit à l'origine génétique, etc. Ces différences individuelles peuvent être abordées, analysées par des tests expérimentaux qui mesurent l'émotivité d'un cheval. Au delà des comportements et des états physiologiques émotionnels, le cheval a également des" vécus" de ses émotions qui vont fortement influencer ses comportements. La peur par exemple peut influencer une maternité, un sevrage, une relation à l'homme, l'alimentation, les capacités d'apprentissage...
Chronique, elle peut générer un stress chronique avec diminution du bien être, sensibilité à des maladies, etc 
 

Quels Sentiments ?


Nous pourrions définir les sentiments come une expérience subjective des émotions. Là encore, le cheval exprime comme nous des émotions observables en variation de comportements et/ ou physiologiques !
Mais est-il également capable de percevoir, de ressentir des émotions comme les humains ?
Les observations comportementementales le confirment-elles ?
La douleur qui peut générer une réponse émotionnelle de retrait ou de menaces... ne s'accompagnerait-elle pas aussi d'une expérience de souffrance, de mal être personnelle au cheval ?
Un état de fatigue, manque d'énergie, mal être, tension, inattention... ou à l'inverse de bien être, relâchement, confort ne seraient-ils pas des sentiments manifestés par le cheval qui reflèteraient sa perception d'émotions ?
Le cheval ne ferait-il pas ainsi l'expérience personnelle de ses émotions en percevant toutes les modifications en cours dans son organisme lors de ses réactions émotionnelles, modifications vécues comme agréable, plaisante, positive ou comme désagréable, déplaisante, frustrante Cette expérience personnelle entraînerait alors selon le contexte soit une attitude d'approche {aller vers, suivre..) soit une attitude de retrait {éviter, fuir.. .}
La réponse à ces questions est sans nul doute positive !



L'émotivité du cheval ?

L'émotivité est la susceptibilité particulière d'un cheval à manifester individuellement des réactions émotionnelles fortes {hyper-émotivité}.
Il existe d'importantes différences individuelles qui dépendent de multiples facteurs :
- des facteurs internes (race, équilibre hormonal, particularités génétiques...)
- des facteurs environnementaux sociaux (conditions d'élevage et de sevrage, alimentation, conditions d'entretien, type de travail fourni...)
Elle est caractérisée par exemple, en la propension d'un cheval à ressentir la peur, ce qui peut être appréciée, analysée par différents tests.





Fonctions des Emotions ?

Les émotions sont essentielles dans la vie du cheval.
Elles permettent une réaction spécifique à une situation déclenchante {fuir l'ennemi, redresser l'encolure en présence d'un bruit...} qui modifie l'état interne de l'organisme et aboutissent à des comportements orientés qui augmentent ses chances de survie en milieu naturel.
Elles lui dictent ainsi les réactions appropriées face à des situations très diverses.
A noter d'ailleurs que cette fonction d'adaptation s'exerce tant pour l'individu que pour le groupe social.
Mais les émotions sont avant tout un mode de communication entre congénères qui informent et jouent donc un rôle essentiel au sein du groupe qui permet d'organiser et de réguler la vie siciale de la harde.




Apprentissage et Emotivité

L'apprentissage est l'acquisition d'un comportement attribuable à une expéri-ence sensorielle antérieure Or, l'émotivité ou réactivité émotionnelle n'est pas sans influence sur les capacités d'apprentissage d'un animal. Une émo-tivité soit trop faible ou le plus souvent trop forte (hyperémotivité) peut en effet influencer les capacités de vigilance du cheval pour apprendre correctement

Le cheval excitable ou avec forte réactivité émotionnelle a souvent de moins bonne performance dans l'acquisition d'apprentissage. En effet, s'il est con-stamment sur ses gardes, incapable de se détendre, apeuré, distrait.., il ne pourra être attentif et l'apprentissage sera difficile. Dans ces circonstances, la réactivité émotionnelle prend la place de l'apprentissage quelque en soit sa cause (douleur, lieu inconnu .). Le cheval émotif aurait donc plus de difficultés d'apprentissage par manque de concentration 

Il vaut mieux alors lui apprendre à d'abord gérer ses émotions avant d'entamer un travail. Le cheval flegmatique (froid, lent) ou placide par contre offre trop peu d'attention et de motivation que pour apprendre facilement (le flegme étant le contraire d'une grande émotivité} mais cela ne signifie pas qu'il soit incapable d'apprendre. Pour qu'il y ait apprentissage, le cheval doit en effet atteindre un minimum d'éveil (niveau de réaction) ou d'attention qui le rende capable à se concentrer sur un objet {physique, mental} particulier à l'exclusion d'autres. Sans ce minimum d'attention, l'apprentissage est beaucoup plus difficile.

 

Conséquences pratiques ?

Il parait donc important d'avoir un cheval attentif et confiant pour obtenir un bon apprentissage.
Pour se faire, quelques orientations peuvent faciliter un environnement plus adéquat à l'apprentissage.
Le lieu d'apprentissage: dans l'acquisition d'apprentissage, travailler dans un endroit calme et sécurisant est propice à bien capter l'attention du cheval et à maintenir un contact mutuel; Si le cheval est préoccupé ailleurs par le bruit, d'autres congénères, l'heure de nourriture. .., il ne pourra apprendre. L'endroit du travail est donc important à choisir. Dans ce sens, le round pen est un espace adéquat pour obtenir la concentration du cheval dans une communication confiante entre le cavalier et son cheval.

La période d'apprentissage: après la période de relation sécurisante entre mère et poulain ou de sevrage, les chevaux" manipulés" tôt ont souvent de meilleures capacités d'apprentissage notamment suite à un meilleur contrôle de leurs réactions émotionnelles. Il est toutefois aussi important de dire que trop de manipulations et trop tôt chez un jeune cheval peuvent aussi induire du stress et Influencer alors ultérieurement les capacités d'apprentissage.

Les variations individuelles en émotivité: elles montrent l'importance pour le cavalier à davantage s'adapter à chaque cheval pour en retirer le meilleur plutôt que de suivre des méthodes d'éducation figées pour tous les chevaux.

Le travail à pied, au sol (en longe, en liberté, aux longues rennes...) : ce travail rend plus facile l'obtention de la concentration du cheval et le réel contact visuel

Les exercices: le pas est une allure d'un niveau d'émotivité moindre que le trot et le galop. Les exercices complexes par exemple doivent être appris et acquis d'abord au pas avant de passer à un niveau supérieur plus stressant

Le type de" travail" : le dressage serait la discipline qui amène le plus le cheval dans des postures d'émotivité intense que d'autres disciplines telles que la randonnée, la voltige. ...Ne faut-il pas alors envisager les activités avec le cheval plus sous forme de loisirs, de travail plaisir que de" discipline". Les activités variées avec le cheval devrait alors davantage être un loisir plutôt qu'un labeur dans une discipline particulière.

Le mode de vie: un mode de vie au pré avec d'autres congénères tend à diminuer l'émotivité par rapport à une vie confinée dans un box et sans contacts. En effet, le maintien en box, l'absence de contacts sociaux prédisposeraient les chevaux à être plus émotifs. Il est donc vivement conseillé d'apporter au cheval un environnement physique et social stimulant et varié

Le contact mutuel: le cheval comme son cavalier doivent être mutuellement attentifs en maintenant un contact non seulement du regard mais aussi de la voix.

L'éducation et la gestion de nos propres émotions: elles devraient nous permettre d'acquérir une attitude confiante, sécurisante, positive et encourageante 

Notre attitude a en effet une incidence non négligeable sur les capacités d'apprentissage du cheval. Or notre attitude dépend aussi de notre état émotionnel.

Conclusions

Le cheval est donc un être vivant mû par des émotions. Le répertoire d'expressions de ses émotions par des comportements observables et des variations physiologiques est très large et fondamental à découvrir pour son éducation. Le vécu de ces émotions apportera bien être ou mal être selon de multiples facteurs importants à prendre en considération.
Il est toutefois sage de savoir que ces émotions ne sont pas sans influence sur ses capacités d'apprentissage Aussi, plus le cheval sera sécurisé et dans une ambiance positive, plus facilement il sera attentif et plus vite il apprendra.
Les modifications de composition d'un troupeau  
par le Dr. Y. Bertrand 

En langage cheval... 

SEPARATION D'UN CONGENERE DU GROUPE 

Etude de comportements offensifs


L'éthologie est l'étude critique des comportements de ranimai dans son milieu naturel par robservation. Lors d'un exercice de stage en éthologie ( Stage d'initiation à l'observation -M. Hausberger -Université de Rennes, Service Education Permanente ), j'ai pu observer le comportement de chevaux lorsque l'un d'entre eux était séparé du groupe pendant un temps déterminé et ensuite ramené au sein du groupe. L'article présente cette expérience pratiquée par plusieurs observateurs présents lors de ce stage.

1. Méthode  
a) Le contexte 
Un groupe de 5 chevaux est en liberté dans une prairie. La question posée est la suivante "Quels sont les comportements de relation au sein d'un groupe de chevaux lors de la séparation d'un des congénères, puis de sa réintroduction dans le groupe ?" 

b) Méthode focale

Seuls les comportements dits offensifs (types et fréquence) sont rélevés par plusieurs observateurs après la sortie du groupe puis la réintroduction dans le groupe de chacun des chevaux à tour de rôle. 




Chaque observateur (par groupe de deux) note sur une période de temps donnée tous les comportements offensifs préalablement déterminés (répertoire de départ) de chaque cheval au sein du groupe. Qui a menacé qui ? Comment ? Combien de fois ? La méthode focale repère donc le comportement d'un seul cheval à la fois par des observateurs différents sur une péri-ode de temps déterminée et dans un contexte, une circonstance inhabituelle

Une liste des comportements offensifs à observer est préalablement établie entre les observateurs, chaque comportement étant identifié par un numéro pour en faciliter le relevé écrit.  
code : comportement observé 
0 : aucun 
1 : menace de la croupe 
2 : oreilles baissées 
3 : menace d'un postérieur 
4 : ruade 
5 : charge 
6 : coup de tête 
7 : morsure 
8 taper de l'antérieur 
...


Cette liste est un répertoire de comportements offensifs connus et sert de "langage" commun entre les observateurs. Ce répertoire est donc l'instrument de travail de chaque observateur d'un cheval au sein du groupe qui est placé dans une situation inhabituelle de séparation et de réintroduction d'un congénère.

Un tableau croisé est établi avec le nom de chaque cheval en abcisses et en ordonnées.  

 

  A B C D E
A X - - - -
B - X - - -
C - 2 X 1 4 3
D - 0 1 1 1  X -
E - 1 1 - X

 

Dans chaque case du tableau, sont mentionnés les types (numéro du répertoire) et la fréquence des comportements offensifs. à la sortie par exemple du cheval (a) du groupe (en abcisses), quels sont les comportements offensifs du cheval (b) (en abcisses) vers les chevaux (c), (d), (e) (en ordonnées); du cheval (c) (en abcisses) vers les chevaux (b), (d), (e) (en ordonnées), etc. Le tableau 2 montre ainsi les comportements offen-sifs de chaque cheval (en abcisses) à la sortie du cheval (a) pendant un temps donné de 20 minutes. On constate par exemple dans ce tableau que les comportements offensifs se marquent particulièrement vers le cheval (c) 

2.-Discussion

L'ensemble des observations au sein du groupe, à la sortie et à la réintro-duction de chaque cheval, permet d'apprécier des interactions sociales au sein du groupe telles que

.nombre total de comportements offensifs par cheval, en fonction du temps global de l'expérimentation; 
.destination des comportements offensifs; 
.nombre de comportements offensifs par cheval ventilé d'une part selon la sortie d'un cheval et d'autre part à la réadmission. 
..etc 
A partir des observations mentionnées en tableaux, se déduisent des sociogrammes (organisation sociale du groupe) . 
Quels sont les comporte-ments sociaux (hiérarchie, dominance, proximité, compétition...) de chaque individu au sein du groupe ? Le sociogramme de sortie ne montre aucune interaction offensive des chevaux (c), (d), (e) vis à vis du cheval (b) à la sortie du troupeau du cheval (a). 

 

Le nombre d'interactions offensives est principalement entre les chevaux (c) et (d). 
A la réintroduction du cheval (a) dans le groupe, les réactions offensives sont uniquement entre le cheval (c) vers (d) et le cheval (e) vers (a).

On aperçoit ainsi que créer un changement d'environnement au sein d'un groupe et analyser ensuite les comportements des chevaux est un moyen d'apprécier au mieux le tempérament de chaque cheval ainsi que les inter-cations sociales dans le groupe. Changer l'environnement met donc les chevaux dans des conditions "inhabituelles" qui permettent de mieux les con-naître pour alors évaluer leur émotivité, déterminer leur statut hiérarchique, repérer la distribution des espaces entre eux, éviter les séparations difficiles ou traumatisantes, rechercher les rituels, 

Les Émotions Du Cheval
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